Ce cours a pour but de favoriser l’approfondissement de vos savoirs et le développement de vos compétences professionnelles par une démarche de réflexion et d’action sur vos pratiques professionnelles.
Il vise les objectifs suivants :
Dès à présent, nous vous invitons à vous familiariser avec plusieurs concepts qui vous permettront de mieux comprendre le but et les objectifs du cours. Dans un premier temps, nous ferons la distinction entre la connaissance, le savoir et la compétence, et, dans un deuxième temps, entre la pratique professionnelle, l’activité et l’action. Ensuite, nous aborderons le concept d’objectivation. Finalement, nous vous suggérerons la lecture d’un texte qui vous aidera à comprendre ce qu’on entend par « théories et présupposés théoriques à la base de votre action ».
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Connaissance, savoir et compétence
Selon Le grand dictionnaire terminologique (GDT) de l’Office québécois de la langue française, « la connaissance est l’ensemble des notions et des principes qu’une personne acquiert par l’étude, l’observation ou l’expérience et qu’elle peut intégrer à des habiletés » (Office québécois de la langue française, 2001a), c’est-à-dire à l’exercice d’activités physiques ou intellectuelles. La connaissance est donc, selon cette définition, personnelle. Elle est construite par la personne et elle est mobilisée durant l’exercice d’activités. Par exemple, lorsque j’interviens auprès des adultes en apprentissage, je mobilise, entre autres, la connaissance que j’ai de l’adulte, la connaissance que j’ai de son développement et celle que j’ai des particularités de l’apprentissage des adultes. Une personne n’est pas nécessairement consciente de ses connaissances sur un objet ou une situation ni des connaissances qu’elle mobilise lorsqu’elle agit. Ces connaissances l’aident généralement à agir adéquatement dans le cadre de ses activités. Cependant, il arrive parfois que les connaissances qu’une personne a construites sur un objet ou une situation nuisent à son action ou s’avèrent insuffisantes pour lui permettre d’agir adéquatement. Il lui faut alors les remettre en question, les comparer avec celles d’autres personnes, rechercher des informations susceptibles de l’aider à comprendre et à transformer ses connaissances. Autrement dit, cette personne doit concevoir un projet d’apprentissage.
Toujours selon le GDT, le savoir est un « ensemble des connaissances acquises qui ont été approfondies par une activité mentale suivie » (Office québécois de la langue française, 2001b). Le savoir peut être personnel ou commun. Par exemple, c’est un savoir commun des règles de la grammaire française qui permet à une collectivité de francophones de communiquer ensemble. On entend aussi par « savoir scientifique ou savant » le corps de connaissances historiquement élaboré, stabilisé et validé socialement, et qui appartient à un domaine ou une discipline. Ce savoir est le fruit d’une activité réflexive et normative d’une communauté. Il se présente sous une forme objectivée, généralement écrite. C’est habituellement ce savoir qui est enseigné au moyen des contenus d’une formation.
Pour le ministère de l’Éducation (2001), la compétence fait référence à un ensemble intégré de connaissances, d’habiletés, de perceptions et d’attitudes qui permet de faire face à une famille de situations. Ces situations peuvent appartenir à différents domaines de la vie quotidienne, de la vie privée ou de la vie professionnelle. La compétence est personnelle, et on peut la développer et l’enrichir de multiples façons et en accomplissant différentes actions. Il est possible de devenir plus compétent dans un ou plusieurs domaines, par exemple en faisant face à de nouvelles situations ou à une nouvelle famille de situations; en améliorant l’intégration de l’ensemble de ses connaissances, habiletés, perceptions et attitudes; en acquérant d’autres connaissances, en développant ses habiletés et ses capacités de perception dans un domaine; en modifiant ses attitudes. Malheureusement, il arrive aussi que l’on devienne moins compétent en raison d’une perte d’intégration de cet ensemble, d’une diminution de ses habiletés ou de ses capacités ou encore d’un changement d’attitude. Aussi, le professionnel doit-il constamment travailler pour maintenir et développer ses compétences dans les domaines où il intervient.
Pratique professionnelle, activité et action
La pratique professionnelle est la manière habituelle et concrète d’une personne ou d’un groupe de personnes d’exercer ses activités professionnelles, par exemple en reconnaissant les acquis expérientiels d’un travailleur, en évaluant les apprentissages d’un étudiant ou en concevant une activité d’apprentissage en mathématique. Ces activités amènent le praticien à accomplir de multiples actions qui conduisent à l’atteinte d’objectifs variés. « Activité » et « action » sont deux mots qui renvoient à l’agir, c’est-à-dire à la production d’un effet ou à l’exercice d’une influence réelle. Un intervenant en éducation et en formation des adultes est avant tout quelqu’un qui agit, qui fait quelque chose en vue de transformer ce qui est. Il agit, de manière intentionnelle ou sous une impulsion, en s’attendant à ce que ses actions produisent des effets, même s’il n’est pas toujours conscient des effets qu’il veut produire, c’est-à-dire de son objectif. Pour agir, il se sert d’un ensemble de ressources qui peuvent être matérielles, tels des documents, un tableau, un ordinateur ou un dispositif, ou immatérielles, tels des concepts, des méthodes, des théories et des processus.
Objectivation
La professionnalisation implique une forme de partage de l’expertise professionnelle des membres d’une communauté et le développement de savoirs de la pratique formalisés (ministère de l’Éducation du Québec, 2001). Pour pouvoir donner un sens aux savoirs d’expérience et les étudier, les analyser et les partager, afin de permettre l’enrichissement et l’amélioration de la pratique professionnelle (cinquième objectif), ceux-ci doivent faire l’objet d’un processus de symbolisation et d’objectivation par lequel ils deviennent des entités reconnaissables, transmissibles et discutables.
L’objectivation est la transformation d’une connaissance subjective et peu structurée en une réalité extérieure à soi et communicable. On peut la réaliser selon deux modes, qui sont en constante interaction : le mode théorique et le mode pratique. Selon le mode théorique, la construction d’un savoir objectivé suppose une conceptualisation des connaissances qui permette de s’affranchir de l’expérience première et de se détacher du contexte dans lequel les connaissances ont été construites. Ainsi objectivées, les connaissances transformées en objets peuvent être utilisées dans d’autres contextes et par d’autres personnes. S’ils sont socialement validés par une communauté professionnelle, ces objets deviennent des savoirs formalisés (Paquette, 2001). Selon le mode pratique, le savoir objectivé se présente sous la forme de compétences, de comportements, de savoir-faire et de capacités qui peuvent être observés et démontrent le degré d’expertise d’un individu dans un domaine.
L’expertise s’appuie sur des savoirs divers qui sont intégrés et, par conséquent, difficiles à nommer. Le langage, parlé ou écrit, peut permettre l’objectivation des pratiques expérientielles individuelles s’il offre la possibilité de construire un terrain commun qui permet d’accomplir un travail de comparaison, de confrontation et d’échanges sociaux. Le recours à des instruments et à des techniques peut vous aider à faire de votre pratique professionnelle un objet à connaître, à transformer, à transmettre et à partager. Ces techniques sont appelées « techniques d’objectivation ».
Pour comprendre ce que nous entendons par « théories et présupposés théoriques à la base de votre action », nous vous proposons la lecture facultative de l’article de Gilles Leclercq (2000), Lire l’agir pédagogique : une lecture épistémologique.
Dans ce cours, lorsqu’on parle d’approfondissement de ses savoirs, on convie la personne à exercer une activité mentale sur un ensemble de connaissances qu’elle peut avoir acquis autant durant ses études antérieures qu’au fil de ses expériences de travail ou en observant la pratique d’un collègue. Pour approfondir ses savoirs, la personne doit donc prendre un certain nombre de décisions, dont choisir l’ensemble de connaissances qu’elle souhaite approfondir et l’activité mentale qui lui permettra de le faire.
En somme, faire le point sur ses savoirs et ses compétences professionnelles (premier objectif du cours) devrait constituer l’une des activités régulières du formateur d’adultes soucieux de maintenir et de développer ses compétences et son expertise. Renouveler les fondements de son agir professionnel (troisième objectif du cours), c’est agir sur les notions, les principes, les valeurs, les finalités et les savoirs personnels qui servent de cadre et d’assises à son action. Cela implique que le formateur est conscient de ce qui fonde sa pratique, des effets qu’il souhaite provoquer, de la finalité de ses actions et de ce qui oriente ses choix quant aux ressources dont il se sert pour agir. Par conséquent, cela veut dire qu’il est capable, entre autres, de décoder les théories et les présupposés théoriques à la base de son action (deuxième objectif du cours). Finalement, le fait d’enrichir et d’approfondir son expertise dans le domaine de son choix (quatrième objectif) l’amènera à accomplir un travail d’objectivation de ses connaissances ou de ses savoirs d’expérience en objets à connaître, à transformer, à transmettre et à partager.
© Danielle Paquette, 2013. Tous droits réservés.
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